Soutenance de thèse de CURSOUX Noémie


Titre de thèse

Peintures figurales (2007-2026) : formes, enjeux et effets de l'hétérogénéisation de l'espace pictural

Figural Paintings (2007-2026): Forms, Challenges, and Impacts of the Heterogenization in the Pictorial Space

Date

20 novembre 2026 à 13h30

Adresse

Aix-Marseille Université, Campus Saint-Charles, 3 Pl. Victor Hugo, 13003 Marseille, France, Salle 007 (Turbulence)

Ecole doctorale

Langues Lettres et Arts

Specialité

ARTS : Sciences de l'art

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

peinture,art contemporain,representation,espace pictural,figuration,image

Keywords

painting,contemporary art,representation,pictorial space,figurative,picture

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Professeure des universités Mme GUILLó Anna Aix-Marseille Université
Maître de conférences M. MATHIEU Romain Université de Montpellier Paul-Valéry
Professeure des universités Mme MORSILLO Sandrine Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Maîtresse de conférences Mme SCHüTZ Marine Université de Picardie Jules Verne
Professeur des universités M. VERHAGEN Erik Université de Lille

Résumé de la thèse

Ce travail de recherche part d'un constat : l'existence, sur la scène picturale actuelle, d'un phénomène d'hétérogénéisation de l'espace pictural. Cette observation nous a conduit à constituer un corpus de huit artistes appartenant à deux générations : Arthur Aillaud, Guillaume Bresson, Jean Claracq, Nathanaëlle Herbelin, Yann Lacroix, Jérémy Liron, Eva Nielsen et Marine Wallon. Leur pratique se caractérise par la production d'espaces picturaux hétérogènes, complexes et ambivalents, qui opèrent à travers trois systèmes d'association : la stratification, le collage et le mixage. Au sein même du tableau, ces structures articulent une variété de motifs, d'images et d'éléments, déclinés à travers différentes matérialités, couches et registres. De cette association naissent des tensions d'ordre formel et sémantique, qui orientent ces œuvres vers des approches plus figurales que figuratives : elles conjuguent figures et formes abstraites, illusion de profondeur et planéité, spontanéité et précision, transparence et opacité.
Analyser ces structures suppose une attention particulière aux processus de création, aux sources iconographiques et aux références historiques et artistiques propres à chaque artiste, afin d'en dégager les enjeux esthétiques. La question de l'image s'y révèle centrale. Le rapport qu'elle entretient avec ces pratiques est à la fois direct – l'image servant de point de départ – et indirect, dans la mesure où ces œuvres s'inscrivent dans un paysage visuel contemporain marqué par la saturation, la circulation accélérée et la dématérialisation des images. Cette recherche examine ainsi la manière dont l'hétérogénéité formelle de ces espaces picturaux engage un rapport critique à l'image et au monde contemporains. Elle fait émerger des problématiques plus larges, d'ordre sociopolitique et écologique, mettant en lumière la façon dont ces constructions hétérogènes interrogent la relation entre l'individu et son environnement – visuel, culturel, technologique, naturel et urbain.


Thesis resume

This research begins with an observation: the emergence of a heterogenization of pictorial space within the current painting scene. This observation led us to bring together a corpus of eight artists from two generations: Arthur Aillaud, Guillaume Bresson, Jean Claracq, Nathanaëlle Herbelin, Yann Lacroix, Jérémy Liron, Eva Nielsen, and Marine Wallon. Their practice is characterized by the production of heterogeneous, complex, and ambivalent pictorial spaces, which operate through three systems of association: stratification, collage, and mixing. Within the painting itself, these structures articulate a variety of motifs, images, and elements, unfolding across different materialities, layers, and registers. From this association arise tensions of a formal and semantic order, which lead these works toward approaches that are figural rather than strictly figurative: they combine figures and abstract forms, the illusion of depth and flatness, spontaneity and precision, transparency and opacity.
Analyzing these structures calls for close attention to each artist's creative process, iconographic sources, and historical and artistic references, in order to identify their aesthetic stakes. The question of the image is central here. The relationship it maintains with these practices is both direct – the image serving as a starting point – and indirect, as these works are embedded in a contemporary visual landscape marked by saturation, accelerated circulation, and the dematerialization of images. This research examines the way in which the formal heterogeneity of these pictorial spaces engages a critical relationship to the image and to the contemporary world. It raises broader issues of a sociopolitical and ecological nature, revealing how these heterogeneous constructions question the relationship between the individual and their environment – visual, cultural, technological, natural, and urban.