Soutenance de thèse de Vanessa PERDU

Ecole Doctorale
Langues Lettres et Arts
Spécialité
LANGUES, LITTERATURES ET CIVILISATIONS ROMANES : Etudes hispaniques et latino américaines
établissement
Aix-Marseille Université
Mots Clés
Nouvelle,Amérique Centrale,Exclusion,Femmes,Autochtones,Afro-descendants
Keywords
Short story,Central America,Exclusion,Women,First People,Afro-descendants
Titre de thèse
Écrire dans les marges : (r)évolutions de la nouvelle centraméricaine contemporaine (1970-2000)
Writting in the margins: (r)evolutions of the central american contemporary short story (1970-2000)
Date
Vendredi 29 Juin 2018 à 14:00
Adresse
Faculté des Arts, Lettres Langues et Sciences Humaines, Aix-Marseille Université Maison de la Recherche 29, avenue Robert-Schuman 13621 Aix-en-Provence, cedex 1
2.08
Jury
Directeur de these Dante BARRIENTOS TECUN Aix Marseille Université
Rapporteur Catherine HEYMANN Université Paris Nanterre
Rapporteur Dante LIANO Università Cattolica del Sacro Cuore
Examinateur Nathalie BESSE Université de Strasbourg
Examinateur Erich FISBACH Université d'Angers

Résumé de la thèse

Si la littérature centraméricaine semble sortir du ghetto auquel elle a été cantonnée jusqu’à il y a peu, les écrivain·e·s ne bénéficient pas à égalité de cette amélioration de la visibilité des pratiques culturelles de l’isthme, qui tend à renforcer la marginalisation de certain·e·s au profit d’une minorité. À partir de l’étude du genre de la nouvelle ou cuento particulièrement développé en Amérique Centrale, notre travail cherche à identifier les divers procédés intra et extratextuels qui permettent d’entrevoir un ensemble cohérent au sein de productions diverses émanant d’écrivain·e·s marginalisé·e·s, un ensemble qui pourrait être qualifié de littérature des marges. À travers une approche régionale et transnationale, nous analysons la marginalisation historique des populations autochtones et afro-descendantes ainsi que des femmes, avant d’observer le déplacement de cette marginalisation de la réalité à la fiction, de l’extratextuel à l’intratextuel, dans les textes littéraires. Nous nous intéressons ensuite à l’évolution des représentations littéraires de ces groupes marginalisés, permises par les évolutions et révolutions des sociétés centraméricaines, en nous appuyant sur la confrontation entre un pré-corpus de nouvelles retraçant les représentations de l’altérité d’un point de vue extérieur, et un corpus de huit recueils de nouvelles de la plume d’écrivain·e·s issu·e·s de ces groupes marginalisés. Enfin, nous observons à travers ces recueils de la Panaméenne Moravia Ochoa López, de l’Afro-Costaricien Quince Duncan, du Guatémaltèque Kaqchikel Luis de Lión, de la Bélizienne Garifuna Zoila Ellis, de la Salvadorienne Jacinta Escudos, de la Nicaraguayenne Marisela Quintana, de la Hondurienne Lety Elvir, et du Guatémaltèque K’iche’ Humberto Ak’abal, comment cet ensemble cohérent d’écritures des marges provoque une déstabilisation du canon littéraire par le moyen d’un ébranlement, voire d’un renversement, de ses valeurs hégémoniques.

Thesis resume

If Central American literature seems to be emerging from the ghetto it has been confined to until recently, its writers don’t equally benefit from this improvement of the isthmus’ cultural practices’ visibility. Starting from the study of the short-story or cuento, a literary genre widely developed in Central America, our research seeks to identify the multiple intra and extratextual processes which allow discerning a coherent whole inside different productions from marginalized writers, a whole that could be identified as a writing of the margins. Through a regional and transnational approach, we analyse the historical marginalization of indigenous and afro-descendant populations as well a women, before gazing at the transfer of this marginalization from reality to fiction, from extratextual to intratextual, in the literary texts. Afterwards, we take an interest in the evolution of the literary representations of these marginalized groups, allowed by the evolutions and revolutions of the Central American societies, relying on the confrontation between a pre-corpus of short-stories that recount the representations of the alterity from the outside, and a corpus made of eight collections of short-stories by writers coming from these marginalized groups. Finally, we observe through these collections by the Panamanian Moravia Ochoa López, the Afro-Costa-Rican Quince Duncan, the Guatemalan Kaqchikel Luis de Lión, the Belizean Garifuna Zoila Ellis, the Salvadoran Jacinta Escudos, the Nicaraguan Marisela Quintana, the Honduran Lety Elvir, and the Guatemalan K’iche’ Humberto Ak’abal, how this coherent whole of writings of the margins causes a destabilization of the literary canon by trembling or even inverting its hegemonic values.