Soutenance de thèse de BRUN-FRANZETTI Marine


Titre de thèse

Territoire et identité autochtone par la pratique du film documentaire : le cas d'ateliers documentaires en Guyane française.

Territory and autochtonous identity through documentary filmmaking: a study of workshops in French Guiana.

Date

2 juin 2026 à 14h00

Adresse

Campus Saint Charles à l'université d'Aix-Marseille, Salle des voutes

Ecole doctorale

Langues Lettres et Arts

Specialité

ARTS : Cultures numériques, médias, communication

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

cinéma documentaire,autochtone,nature,Guyane,apprentissage autochtone,dimension sacrée

Keywords

documentary,autochtonous,nature,French Guiana,audiovisual workshops,ancestral traditions

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Professeur des universités Mme CYRULNIK Natacha Aix Marseille Université
Maîtresse de conférences Mme BILLAUDEAU Valérie Université d'Angers
Professeur émérite M. RAICHVARG Daniel Université de Bourgogne
Professeure des universités Mme CAILLET Aline Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Professeure Mme UHL Magali UQAM

Résumé de la thèse

Le cinéma documentaire « autochtone » s'affirme comme un genre cinématographique rendant visible l'expression des luttes des peuples autochtones pour la défense du territoire, de la nature et de leur mode de vie. Les cinéastes autochtones étudiés partagent la connaissance des communautés dont ils sont issus et montrent les traditions ancestrales, le rapport sacré aux non-humains et à tous les êtres vivants du territoire dans la volonté de rétablir leur histoire. Dans les témoignages et les images de luttes et de résistance sont révélées les réalités du quotidien des Autochtones face à l'expansionnisme colonial. Ces films apportent une contribution à la préservation des langues traditionnelles et des récits des traditions orales en déclin. La dimension holistique de la pensée autochtone des cinéastes et des filmés se retrouve dans leur conception de l'écologie qui met à égalité humains et non-humains. Les ateliers documentaires dans les villages isolés de Guyane française s'appuient sur le film pour entrer en contact avec les communautés autochtones (Wayana, Kali'na et Bushinengué) et participent à une prise de conscience des jeunes participants de leur identité autochtone. Ils vivent la modernité en utilisant les outils technologiques du quotidien tels que le téléphone portable, internet et les réseaux sociaux faisant d'eux des peuples du présent en constante évolution et non figés dans le passé. La création documentaire dans l'atelier en tant que résultat de la mise en mouvement dans l'acte de filmer permet de nouer de nouvelles relations des participants, devenus filmeurs, avec la communauté et le territoire, en particulier dans la tentative de retisser le dialogue intergénérationnel. La pratique d'atelier documentaire en milieu autochtone prend tout son sens dans la création des techniques d'apprentissage audiovisuelles reprenant les valeurs et les méthodes pédagogiques autochtones. La dimension sacrée du territoire selon la vision holistique des peuples ou encore les techniques traditionnelles d'artisanat peuvent se retrouver et être utilisées dans les méthodes pédagogiques en situation d'atelier. Notre recherche sur la pratique documentaire en milieu autochtone nous conduit à repenser le monde du vivant et à voir dans la vision holistique des peuples autochtones une autre manière d'aborder l'écologie.


Thesis resume

Autochtonous documentary filmmaking has taken shape as a cinematographic genre revealing the meaning of the autochtonous peoples' struggles to defend their territories, nature, and way of life. Autochtonous filmmakers share their knowledge of the communities they belong to and showcase their ancestral traditions, sacred relationships with non-humans and the living beings of their territories in the effort to reclaim and restore their history. Through testimonies and images of struggles and resistance, these films depict the daily realities of the Autochtonous in the face of colonial expansionism. They pay tribute to the preservation of traditional languages and oral narratives in decline. The holistic worldview in the approach of ecology reflects in both filmmakers and the filmed peoples perspectives, and recognises the equality of humans and non-humans. Documentary workshops in remote villages in French Guyana use film as a medium to connect with autochtonous communities (Wayana, Kali'na and Bushinengue). These workshops foster a deeper understanding among young participants of their autochtonous identity. They embrace modernity through everyday technological tools - smartphones, the internet and social media - positioning themselves as peoples of the present, constantly evolving and far from being confined to the past. Documentary creation as a result of the act of the filmmaking practice forges new relationships between participants - transforming themselves as filmmakers - their communities and their territories. It also serves as a means to rebuild intergenerational dialogue. The practice of documentary filmmaking in an autochtonous context is particularly meaningful in developing audiovisual learning techniques that incorporate autochtonous values and pedagogic methods. The sacred dimension of the territory through to the holistic vision of autochtonous peoples along with traditional artisanal techniques, can be integrated and used in workshop pedagogies. Our research on documentary practice in the autochtonous environment invites us to rethink our relationship with the living world. It reveals how the holistic vision of autochtonous peoples offers an alternative and transformative approach to think more fully ecology.